Récit Algérie 2008

Chose promise, chose due.. Voici le compte rendu de notre voyage en Algérie.
Nous sommes partis le 16 octobre à 5 véhicules. 4 équipages masculins bien sûr, et celui des “Marie et Mary”, le nôtre !, pour 4 semaines en Algérie..
La destination ? Tamanrasset, l’Assekrem, les Tassilis du Hoggar et retour par l’Adrar Ahnet que personne ne connaissait.
L’an dernier, nous avions fait la descente par Djanet, avec de nombreux contrôles et des régions interdites, et remonté par la même route, car nous ne voulions pas prendre le convoi obligatoire sur l’axe Nord-Sud vers Tamanrasset.
Sachant que le “convoi” a été supprimé, JB et moi-même avons cherché à constituer un groupe afin de réaliser notre projet.
Comme JB l’a expliqué sur explo4X4, nous sommes passés par Tunis, car certains participants craignaient de débarquer à Alger, ce qui nous aurait fait 500 km de moins et le gasoil moins cher..
Ce n’est pas grave, nous saurons pour la prochaine fois.
Momo
Notre guide obligatoire nous attendait à Taleb Larbi, envoyé par l’Agence “Mouflon” que nous avions choisie un peu par hasard sur internet (50 euros par jour pour tout le groupe, et 180 euros pour l’accompagnement jusqu’à la frontière).
Il s’appelle Mohammed, et comme vous vous en doutez, il a immédiatement été baptisé “Momo” par le groupe.. Un Targui qui paraissait si jeune.. et pas à l’aise du tout dans cette partie du nord de l’Algérie. Les Touareg ne sont pas très fiers “chez les Arabes” comme ils disent… Choc des cultures…
Et c’est avec une certaine anxiété qu’il nous a laissés faire notre premier bivouac à l’écart de la route, cachés dans les dunes de la région de Toggourt.
Mais lui aurions-nous laissé le choix ?
Détresse à Ghardaïa
Devant la terrible catastrophe qui est arrivée à la ville de Ghardaïa peu avant notre départ, nous avions chargé nos véhicules de vêtements chauds, chaussures, couvertures que nous comptions laisser dans un dispensaire, afin de soulager un peu l’immense détresse de ses habitants.
Nous sommes donc arrivés dans cette ville nous demandant si nous allions trouver un camping non dévasté par les eaux, ou un gîte… Mais d’abord il nous fallait nous débarrasser de nos colis et nous nous sommes mis à chercher le dispensaire dans cette ville sinistrée. Les eaux avaient dévasté les rives de l’oued, mais aussi avaient déferlé de la colline, emportant tout sur leur passage. La police, l’armée, la sécurité civile étaient sur les dents afin d’évacuer des tonnes de boue et réparer les canalisations de la cité.
Nous étions comme des chiens dans un jeu de quille, à demander notre route. On nous a dirigé vers le Croissant Rouge, organisme tout à fait adéquat pour recevoir nos dons.
Celui-ci avait un camp installé à l’aéroport, à 18 km de la ville, où nous nous sommes rendus. Nous voulions commencer à décharger nos cartons…. Mais voilà…. Il fallait demander l’autorisation à la Sécurité Civile basée à côté. Commence une attente interminable pendant laquelle les jeunes du Croissant Rouge nous racontaient la détresse de cette ville où bon nombre de familles avaient tout perdu, en nous remerciant chaleureusement d’avoir pensé à eux.
Seulement, il fallait compter sans le Gouvernement qui avait annoncé dans la presse qu’il refusait l’aide internationale, fort de se débrouiller tout seul.
Alors la réponse est tombée : il faut l’autorisation du Général… qui n’est pas là en ce moment… Alors repartez avec vos dons !
Ce que nous avons fait immédiatement, derrière notre chef de file en colère qui a pris la direction de la sortie de ville.
Bon, eh bien nous visiterons Ghardaïa au retour, espérant qu’elle aura repris ses esprits, et décidons de remettre nos vêtements à la mission du Père de Foucauld à Tamanrasset.
Les postes de contrôle
Sur la descente, nombreux contrôles de police, qui auraient pu n’être qu’une formalité si l’agence avait bien fait son travail.
En effet, celle-ci (payée grassement 50 euros par jour et n’en reversant qu’une petite partie à ses guides), n’avait qu’à remplir un tableau avec les renseignements que nous lui avions fournis au préalable par internet, et en faire une vingtaine de photocopies.
Seulement voilà, il manquait la moitié des informations, que nous devions fournir à chaque fois. Nous, les filles, nous sommes transformées en greffières, maudissant “Mouflon” à chaque contrôle !
Moralité, il faut être vigilants dans le choix de l’Agence.
Le reste de la descente jusqu’à Tam s’est passé sans problème. Aucun contrôle ne se souciait de savoir où nous allions dormir. Seul le poste de police de In Salah (qui nous avait fait attendre à cause des papiers mal remplis) nous a demandé la nuit tombant de dormir au camping de la ville. (Il y a deux campings, attention, ne pas aller à celui qui se trouve au centre ville, mais à la sortie direction Tamanrasset, au niveau du contrôle de police, qui est très bien).
L’Assekrem et l’ermitage du Père de Foucauld
A Tam, nous sommes descendus au camping 4X4, bien agencé et propre, avant de partir pour L’Assekrem vers l’ermitage du Père de Foucauld.
Montée difficile car la piste a été ravinée par les pluies tombées les semaines précédentes. Ambiance minérale et austère, tout en étant magnifique de par sa lumière particulière et la découpe de ses rochers. Le pays des Touareg.
La piste mène à une plate forme où sont installés une station météo et un campement. Pour accéder à l’ermitage, il faut encore faire une demi-heure de “grimpette” plutôt “hard”.. à pied. Car voir le coucher de soleil du haut de l’Assekerem, ça se mérite !
C’est avec surprise que nous avons été acceuillis en arrivant à l’ermitage par le Père Ventura, l’un des trois prêtres adeptes de Charles de Foucauld ayant choisi la même retraite, qui nous offrait le thé.
A notre étonnement :
“- expliquez-nous, vous êtes des contemplatifs, avez choisi de vous retirer dans le désert afin de vous permettre de prier, et vous recevez avec convivialité les touristes qui vous visitent ?”
La réponse a été celle-ci :
“- Le Père de Foucauld ne s’est pas “retiré” à l’Assekrem, il était simplement venu à la rencontre des Touareg dans le but de les connaître et vivre parmi eux. Il a été touché par leur pauvreté et la simplicité de leur mode de vie. De même, il a découvert la religion musulmane et s’est inspiré de ce culte qui inclut la prière au quotidien. C’est pourquoi nous prions beaucoup mais sommes ouverts à notre prochain. A l’ermitage, la messe est célébrée tous les matins après le lever du soleil.”
Les yeux du Père Ventura reflétaient une telle profondeur, une telle foi, et témoignaient d’une grande vie intérieure. J’étais émue, tellement émue qu’il m’est venu des pensées liturgiques… Moi qui avait jeté depuis l’âge de 18 ans toute idée d’aller à la messe, sinon pour les mariages et les enterrements.. Moi qui après avoir subi une éducation religieuse sévère dans mon enfance avait tout envoyé “bouler”, pensant que “tout ça c’est des conneries”, je me suis trouvée avoir des envies de messe… Oui, j’avais envie de remonter le lendemain matin, afin d’assister à la messe de ces Pères Blancs qui ne sont pas des missionnaires !
Nous étions 3 dans le même état, l’autre Mary mon équipière, et Alain. Nous avons décidé de nous réveiller à 5h30 le lendemain matin, afin de grimper à l’ermitage avant le lever du soleil et ne pas manquer ce culte.
A 2700 mètres, il ne fait pas chaud à 5h du matin.. Et se lever pour faire de l’exercice physique sans même avaler une boisson chaude a eu raison de moi au quart de la montée. J’ai été prise d’un malaise qui m’a fait renoncer. Rassurez-vous cela n’était pas grave, mais j’ai dû retourner au camp en regardant avec envie les deux autres monter allègrement…
Et puis j’ai attendu, au moins pour voir le lever du soleil depuis le camp. Mais voilà, nous avions fait une petite erreur d’appréciation. Si le jour se lève à 6h, le soleil, lui ne dépasse les rochers de l’Assekrem que vers 7 heures… Et nos deux courageux sont redescendus dépités, la messe n’avait lieu qu’à 8 heures.
Le groupe devant repartir, il ne leur était pas possible d’attendre.
Nous sommes restées songeuses une bonne partie de la descente… C’est sûr, lorsque je reviendrai, je resterai plus longtemps.
Ah, j’oubliais, le camp comprend un restaurant très sympa où nous avons fait le soir un excellent repas pour une somme raisonnable. (et qui nous a réchauffés).
Que deviendront les Touareg ?
Retour à Tam, en passant par le campement de Momo, notre guide, qui nous a présenté sa famille. Famille “riche” possédant un très beau troupeau. J’ai adoré son grand père de 80 ans, toujours dynamique, avec lequel Momo avait passé son enfance au rythme des longues caravanes du sel se dirigeant vers Tombouctou.
Cela veut dire qu’il y a 20 ans subsistaient encore quelques caravanes, avant que les camions ne les remplacent.
6 jours dans les Tassilis du Hoggar.
Momo avait retrouvé sa belle assurance dès notre arrivée à Tamanrasset. Et ce garçon souriant et compétent, parlant très bien le français appris en écoutant les blagues pas toujours très fines racontées par les 4X4treux comme nous, nous a emmené dans des coins d’une beauté extrême.
Paysages à couper le souffle, rochers ciselés sur le sol sableux, quelques dunes s’accumulant sur les parois, des peintures rupestres et gravures, des “cailloux” partout, bivouacs de rêve. Et pas un seul touriste en dehors de nous….
C’était magnifique, et je confirme, le plus beau des déserts est en Algérie.
Tamanrasset
Retour à Tam, encore, où nous nous sommes donnés une journée pour jouer les touristes (mais nous étions les seuls en ville). Visite du musée de l’artisanat, des boutiques, thé à la terrasse des cafés, marché pour les fruits et légumes, et puis aussi les pleins (attention, il faut ruser pour arriver à se faire remplir les Jerricans, le pompiste en ayant l’interdiction).
Accueil super sympa des commerçants, des passants dans les rues qui disent “bonjour” pour dire bonjour, et non pas pour essayer de nous refiler quelque chose comme en Tunisie et au Maroc… Les prix dans les boutiques de souvenirs pour touristes ne sont pas exagérés, à peine multipliés par deux pour permettre le plaisir de la négociation.. Quant au marché, dans les restaurants ou dans les boutiques pour les algériens, les prix sont les mêmes pour nous comme pour eux.
Nous en avons profité pour rendre visite à l’Agence Akar Akar, par laquelle sont partis une semaine après nous l’équipe de Daniel et Damien, qui semble bien plus sérieuse et organisée que l’agence Mouflon dont nous ne sommes pas contents.
A leur retour, Damien et Daniel nous diront ce qu’ils en pensent.
Elrali et l’Adrar Ahnet
Le lendemain départ pour l’Adrar Ahnet. Nous faisons nos adieux à Momo, la larme à l’oeil, et nous faisons connaissance de notre 2e guide, Elrali, un petit bonhomme tout sec, dont nous n’avons vu que les yeux pendant tout le voyage en sa compagnie..
Des yeux scrutateurs vers l’horizon, connaissant chaque montagne, chaque vallée de son pays, qui nous emmènent de façon certaine. Pas besoin de points ni de trace pour Elrali !
Malheureusement il ne parlait pas français, et la communication s’est avérée très difficile.
Lui aussi nous a arrêtés à son campement afin d’apporter quelques sacs de riz à sa famille, mais quelle différence avec la famille de Momo ; très peu de bêtes, pas de tentes ni de baraquements, ce sont de vrais nomades, ne vivant pratiquement que pour leurs besoins primaires. Pas de communication, même pas dans les yeux des femmes, ce qui nous a désolées, Mary et moi, étant habituées à ces échanges permanents entre femmes depuis notre arrivée…
L’Adrar Ahnet a quelques jolis coins, mais après les Tassilis du Hoggar….
Nous avons été toutefois enchantés par une découverte surprenante : l’erg Tassedjefit. Cet erg semble inexploré, personne n’en avait parlé… La finesse et la couleur de son sable, ainsi que la pureté de ses arêtes nous ont ravis. Ce fut l’un de nos plus beaux bivouacs.
Nous aurions voulu le traverser un jour ou deux tellement nous étions enthousiastes, mais malheureusement, l’un de nos équipiers étant de plus en plus malade, nous avons dû nous diriger rapidement vers In Salah afin de le faire rapatrier sanitaire.
In Salah, étape involontaire, mais pas regrettée..
Une journée complète à In Salah nous a permis de nous imprégner de cette ville vraiment accueillante. Les gens sont charmants, honnêtes et serviables. Un grand merci aux médecins de l’Hopital qui, avec compétence et gentillesse, ont pris grand soin de notre ami.
Toujours pas de touristes…..
Changement de guide
Elrali ne se sentait pas de monter jusqu’à la frontière, il préférait rester dans son pays. Impossible de vous donner le nom du 3e guide qui ne servait qu’à nous “encadrer” jusqu’à Taleb Larbi, car il ne nous (Mary et moi) a jamais adressé la parole, ni pour dire bonjour, ni pour dire au revoir…
Puis remontée goudron : Reggane, Tamentit la vieille ville juive souterraine, Adrar, puis Timimoun où nous avons séjourné.
Timimoun
Timimoun : très belle palmeraie bordant le grand erg Occidental, 4 campings : 4 campings fermés, 0 touriste.
Un “bavard” provenant d’une agence locale a réussi à nous convaincre de nous faire faire le circuit touristique des alentours de Timimoun. Grand bien nous en a pris, nous sommes revenus enchantés de cette balade.
Le Grand Erg Occidental est ouvert depuis Timimoun, nous pouvions y entrer sans problèmes. D’ailleurs, arrivés dans cette région, il n’y avait plus de contrôles policiers, ni interdiction.
Seulement, il fallait remonter, notre voyage touchant à sa fin, et le bateau nous attendait à Tunis quelques jours plus tard.
La fin du voyage
Nous sommes donc retournés à Ghardaïa, nous avons trouvé un excellent accueil chez Amou, dans son gîte très bien tenu. Il nous a permis de dormir dans nos voitures avec un tarif réduit.
Nous avons payé 750 dinars algériens (soit environ 7,50 euros) par personne avec le petit déjeuner copieusement servi. Plus cher que le camping, mais tellement sympa….
Une journée pour visiter la ville, puis départ vers Taleb Larbi.
Un dernier bivouac dans les dunes près de Toggourt, et passage frontière en 2 heures sans fouille ni contrôle des changes.
Des images plein la tête…
Voilà, j’y retournerai dès que possible pour plein de raisons (d’ailleurs je reprends en partie ce que dit JB sur Explo) :
- Les gens sont accueillants et sympas. Tout le monde dit bonjour avec un grand sourire
- Ils ne cherchent pas à nous arnaquer, les prix sont les mêmes pour nous comme pour eux. Comme le dit JB, le thé est à 15 cts pour tout le monde.
- Les paysages sont à couper le souffle (dans tout le sud)
- Le gasoil est à 0,14 euros le litre
- On y mange au restau pour 2 euros maxi.
- Les routes sont en bon état
- A aucun moment nous ne nous sommes sentis menacés par quoi que ce soit.
- Les ergs rencontrés sur notre parcours sont accessibles.
- Le passage par Alger est un meilleur choix : économie de 500 km, une seule douane à passer, et gasoil moins cher.
- la température qui, début novembre était encore tout à fait clémente, (sauf 2 derniers bivouacs plus au nord un peu frais), nous avons eu plus de 40° dans les Tassilis la jounée mais des nuits agréables pour dormir sous les étoiles.
- peu de touristes.. Je dirai même pas du tout… Dommage pour les algériens, tant mieux pour nous.
Marie-Geneviève
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Commentaires
Bonjour, et merci pour les commentaires, les petits détails de chacuns sont interressant pour nous, novices et nos futurs voyages.
ET74
je suis allé dans le grand ergi occidental au printemps 2008 avec une organisation, nous n'avons pas eu de controles trop tatillons grace à nos photocopies, l'accueil a été excellent en dehors des lancers de caillou des gamins vers EL OUED . l'hotel de TIMIMOUN ou nous n'avons séjourné qu'une nuit n'était pas terrible au contraire de toute la région ou nous avons bien joués dans le bac à sable . la question que je me pose est la sécurité dans le nord du pays quand on quitte ALGER et vers MEDEA . avez vous rencontré des personnes qui sont passées par ALGER . nous en 15 jours nous n'avons pas vu l'ombre d'un européen à pied ou en 4x4 . je retournerai moi aussi en algérie quand je pourrai partir plus longtemps car ce pays est magnifique .
f.gendrot
françois gendrot
A te lire, je me rends compte de la chance que nous avons eu lors des contrôles routiers, nos photocopies miracles nous ont bien simplifié le travail.Il nous manquait juste les numéros de visas et la filiation, que nous avons du rajouter manuellement 2/3 fois.
Je te confirme: L'Algérie possède sans doute le plus beau des déserts....
Patrick
Marseille
Patrick
HDJ80+650XR
Marseille
au Maroc et Mauritanie j'ai utilisé cette fiche de rensignements
est elle complete pour l'Algerie
ou qu'y a t'il a ajoiuter
E:\DOC RAIDS 4x4\fiche etat civil raid.htm
En fait les agences possèdent des tableaux à remplir dans un certain format (même tableau pour toutes).
Ces tableaux sont prévus pour les groupes et rassemblent à peu près (de mémoire) les informations dont tu parles (sauf le numéro de police marocain...!!), mais en plus, le parcours envisagé.
Les agences les remplissent par avance les tamponnent, et envoient dans les différentes provinces traversées pour autorisation.
Le guide qui t'accompagnera en possèdera un certain nombre de photocopies pour en laisser à chaque contrôle.
Marie-Geneviève
Bonsoir, madame Marie-Genvieve.
j'ai lue votre topic sur l'Algerie , moi je suis Malik le representant de l'agence Mouflon a Alger, je suis ravie que ce voyage vous as plue et marquer , on vous attend pour votre pasage par alger , hamou a ghardaia aussi sera tres content de vous avoir encore une fois
.
saviez vous que hamou est de la famille de adnan le patron de mouflon ?
a bientot cordialement .
bonjour beau voyage ,nous partons pour noel au sud de l algerie peut etre avez vous des points gps a nous transmettre par avance merci est peut etre a bientot sur les pistes
FRANCIS DELMAS